Vendredi 4 juin 2010
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Cet article est inédit mais c’est encore une ébauche. Je l’ai réalisé en
me basant en partie sur mon livre tout en complétant avec des écrits édités après la guerre. Si vous voulez reprendre mes propos, n’oubliez pas de
citer mon article :
Et si vous avez des commentaires ou des remarques à formuler, ne vous
gênez pas pour le faire !
Certains soldats ont décrit les cabarets et bars miteux près du front ou dans les
villes de permission où des prostituées venaient divertir les soldats : « Rideaux jaunes suspendus aux anneaux et aux barres de cuivre, un divan, des divans, un piano. La tenancière du
lieu, une vieille édentée et sale, a entr’ouvert sa porte et a poussé rapidement les arrivants dans l’arrière-cuisine, occupée par une énorme table
autour de laquelle des chaises boîteuses attendent les clients de mince qualité. Deux prostituées de bas étage, plus occupées des officiers que des adjudants, ont tôt fait de mettre hors de
combat, à coup de fausses bénédictines et de vin plusieurs des fêtards. (…) puis les gestes de plus en plus gauches pelotent les grues, aux rires avinés. Deux soldats font les yeux doux à une
petite qui vient d’entrer : « La pauvrette leur raconte sa pitoyable histoire de petite réfugiée, forcée d’accepter, pour manger, les offres de l’hôtesse ».
Notons que chez beaucoup d’auteurs que ce soient au sujet des infirmières ou des prostituées, celles-ci sont toujours représentées comme ayant un penchant pour les officiers au détriment du simple soldat.
L’histoire de la pauvre orpheline pour amadouer le soldat est reprise dans d’autres souvenirs qui ont trait à la grande Guerre. Elle véhicule l’image
de la femme facile, de la « salope » pour reprendre le terme d’un personnage dans le livre de Van Com qui use et abuse de ses charmes pour arriver à ses fins et détruire l’idéal du
poilu héroïque dans les tranchées.
Par Benoît Amez
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Publié dans : le sexe et la guerre
Jeudi 25 mars 2010
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18:46
(suite)
Revenus à leur unité, les deux caporaux apostrophèrent le médecin adjoint et leur disant qu’il n’était juste bon qu'« à mettre de la peinture d’iode ». C’est la goute d’eau qui fait
déborder le vase et la justice militaire caractérisée par sa célérité se met en branle. Ils sont arrêtés le 17/02/1915 et inculpés pour des insubordinations commises le 8, 9 et 16 février de
la même année. Les trois "nègres" comme on les appelle à l'époque sont condamnés à la perpétuité le 20/02/1915 par le conseil de guerre de la 1ère DA.
Il est amusant (enfin façon de parler!) de constater que ces
hommes qui ont commis ces infractions militaires car ils voulaient partir pour le midi seront incarcérés après un long périple dans le sud de la France : incarcérés à Furnes le 17/02/1915,
nous les retrouvons à Tarascon le 5/03/1915 et enfin à Nice le 2/09/1915. Ils sont libérés le 4/11/1915 et admis dans une compagnie de réhabilitation. Pierre A. est réhabilité le 20/06/1916,
Pierre S. le 2/10/1916 et enfin Antoine B. le 19/04/1917. Mais ce dernier n’aura jamais connaissance de cette réhabilitation. En effet, dans une lettre du capitaine-commandant du camp de
Ruchard, nous apprenons qu’il est décédé le 18 décembre 1915 à l’hôpital militaire...
FIN
Par Benoît Amez
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Publié dans : les soldats inconnus
Lundi 22 mars 2010
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18:42
(suite)
Selon l’enquête préliminaire et l’instruction menée par l’auditeur militaire, les trois volontaires de guerre ont demandé à leur supérieur à de nombreuses reprises d’être envoyés à l’arrière,
prétextant ne plus résister au climat rigoureux. Le major commandant leur bataillon avait relayé leur demande mais celle-ci fut refusée. Par contre, la hiérarchie militaire acceptait d’accorder
des facilités de service aux trois hommes. Mais ces derniers estimaient que ce n’était pas suffisant, ils continuaient à se plaindre et se montraient arrogants face à leurs supérieurs. Pour les
mettre à l’abri des intempéries, le major décida de les envoyer à l’infirmerie divisionnaire située à Adinkerke car ils souffraient du froid et de l’humidité. Au lieu de se diriger vers
l’établissement, ils se rendirent à Dunkerque où ils furent arrêtés par la gendarmerie de la 5ème D.A. Aux gendarmes, nos trois gaillards déclarèrent qu’ils ne recevaient plus de
nourriture depuis vingt jours et qu’ils voulaient retourner dans le midi, destination qui aurait été accordée aux autres congolais de l’armée belge (pourquoi ces congolais sont-ils installés dans
le midi ? Quelqu’un a-t-il des informations à ce sujet ?)
à suivre...
Par Benoît Amez
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Publié dans : les soldats inconnus
Jeudi 18 mars 2010
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12:58
Contrairement à
d’autres nations comme l’Angleterre ou la France, la Belgique n’a pas envoyé de troupes coloniales dans les tranchées européennes. Ce n’est pas pou autant que les Congolais n’ont pas connu les
affres de la guerre. En effet, le Congo colonie belge depuis la mort de Léopold II en 1909 fut attaquée dès le 15 août 1914 par les troupes allemandes basées au Ruanda-Urundi. La mémoire
collective belge du premier conflit mondial a par ailleurs retenu l’éclatante victoire à Tabora du général Tombeur le 19 septembre 1916.
Il eut cependant des soldats de couleur dans l’armée belge sur le front de
l’Yser. Ce sont tous des volontaires de guerre. Selon Dominiek Dendoven, leur nombre s’élèverait à 27 volontaires de guerre dont 25 originaires du Congo. La majorité d’entre eux travaillaient
à la compagnie maritime belge ou en Belgique avant la guerre.
Dans les archives de l’Etat à Anderlecht, Dans le Fonds du
« Conseil de guerre et armée en campagne 1914-1919 », j’ai retrouvé le dossier de trois soldats congolais qui ont été jugés au conseil de guerre près de la 1ère
D.A.
Avant de relater les faits qui leur sont reprochés, quelques mots
sur nos trois protagonistes :
Pierre S. est né à Jahoma (Congo belge) en 1890. Il est garçon de course à Bruxelles avant la guerre. Volontaire de guerre dans l’armée belge, il
détient le grade de caporal.
Antoine B. est né à Bolongo (Congo belge) en 1896. Il est voyageur
de commerce dans la région de Charleroi. Volontaire de guerre dans l’armée belge, il est soldat 2ème classe.
Pierre A. est né à Coquillatville (Congo belge) en 1894. Domicilié
à Bruxelles, il est portier dans un cinéma de la capitale. Il est volontaire de guerre dans l’armée belge et détient le grade de caporal.
à suivre...
Par Benoît Amez
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Publié dans : les soldats inconnus
Vendredi 12 mars 2010
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Dans quel état psychologique
se trouvent ses soldats ? Face à ce carnage, les mutilations, suicides et autre forme de blessures auto-infligées, qu'elles soient physiques ou mentales, ou encore la
désertion ne sont que la traduction d’un désespoir sans fond, d’une détresse morale. Pour éviter de céder à ces tentations,
il leur reste le sentiment du devoir à accomplir. Malheureusement, cette obligation éthique n’empêche pas la baisse du moral et les tentations pour certains de s’évader de cet
enfer.
Dans ce contexte, et même s’il n’est pas sûr que la guerre ait profondément changé les hommes, il est cependant probable qu’elle
ait durablement modifié leur rapport à l’autorité – dans le sens d’un refus radical ou au contraire d’une exaltation de son acceptation. La guerre, contrairement à l'idée reçue, a probablement
ébranlé les fondements traditionnels de l’autorité, favorisant la jeune génération que le front a révélée à elle-même, au détriment de l'autorité qui naît naturellement de l’âge et de
l’expérience. L’enrôlement militaire a permis leur insertion dans un univers où ils ont un rapport nouveau au politique. Ne serait-ce que par les discours qu’ils reçoivent ou par les actions dans
lesquelles ils sont engagés, ils sont inévitablement conduits à penser le monde dans une optique nationale et non plus seulement à l’aune du local (même si cette échelle-là demeure essentielle
dans le quotidien de leurs existences).
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